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Infos pratiques

Mairie de Corcoué-sur-Logne

Maire : Claude NAUD
11 rue Lejeune
44 650 Corcoué-sur-Logne
Tél. 02 40 05 86 90
Fax. 02 40 05 98 13
Email : Cliquez ici pour nous contacter
Horaires d'ouverture :
Les lundi, mercredi et vendredi : 9h00-12h00 / 14h00-17h00
Les mardi et jeudi : 9h00-12h00 / 15h00 - 17h00
Le samedi : 9h00 - 12h00

Notre Histoire en quelques dates

521 - 587

Epoque Mérovingienne - Radégonde, Reine de France épouse de Clotaire1er, traverse notre région. Création d'un santuaire à Saint Jean de Corcoué.

750 - 980

Epoque Carolongienne.

900

Invasion des Normands en Pays de Retz.

1150

1ère Citation de la "Besnate" en tant que paroisse et Seigneurie.

1160

Le Seigneur Renaud de la Besnate part en croisade.

1383

Construction du Château de la Benâte.

1390

Citation de la "Maladrerie" comme léproserie située à la Lardière de la Benâte.

1404 - 1440

Gilles de Retz, Seigneur de la Bénâte, compagnon de Jeanne d'Arc et Maréchal de France (exécuté pour ses crimes).

1445

La Chatellerie de la Benâte devient la plus importante des marchés de Bretagne, couvrant 36 paroisses.

1500

Un Lazaret reçoit les lépreux aux Ardilliers à St Etienne de Corcoué.

1628

Siège de la Rochelle - Louis XIII traversant notre région, passe le "Pont au Roy" et se repose à l'ombre du "Chêne de Louis XIII".

1674

Déclaration du Duc de Retz, mentionnant à la Benâte, "un château ruiné, avec des douves sans édifices".

1789

La Benâte - le 5 avril - Désignation de 2 députés et rédaction d'un cahier des doléances.

1794

L'Eglise de la Benâte est incendiée.

1830

Le 24 février - Décret de Charles X réunissant la Benâte et St Jean en une seule commune.

1890

Lejeune de Vaughéon ouvre un Hôpital à St Etienne de Corcoué.

1905 - 1935

Une ligne de chemin de fer relie Nantes, Corcoué et Legé.

1971

Naissance de CORCOUE SUR LOGNE, suite à la fusion des communes de St Jean et St Etienne de Corcoué.

Les Dits de Corcoué N° 2

Ecrire Corcoué

Chaque commune a son histoire propre, chaque village a ses histoires particulières.

L'ambition n'est pas de retracer l'Histoire de Corcoué à la manière des historiens, il s'agit plus modestement mais aussi de façon plus vivante d'inviter chacun à puiser dans ses souvenirs, pour jalonner de ses témoignages, les chemins croisés qui ont conduit jusqu'au Corcoué d'aujourd'hui.

Memento Homo

"Souviens-toi, Homme'

La mémoire est la faculté qui retient les choses, c'est l'étui de la science.

Le souvenir, c'est la présence invisible.

Légende : récit populaire traditionnel plus ou moins fabuleux.

Folklore : science des traditions, des usages et de l'art populaire.

Depuis le 3 décembre 2002, une vingtaine de passionnés se réunissent tous les premiers lundis de chaque mois, pour étudier l'histoire, proche et lointaine de notre commune, débat sur la collecte de documents et d'anecdotes propres aux trois clochers.

Ce comité s'est constitué en section du C.A.P.L.. Tous les sujets seront traités dans l'avenir et, par la voix du Bulletin d'Information Communal, tous les Corcouéens seront informés.

Principaux travaux : recensement des calvaires, des commerces, des artisans, des foires et marchés etc..

"Quand j'étais jeune..." disait la grand-mère, phrase riche de promesses qui annonçait une histoire du village, évoquant des voitures à cheval, des processions religieuses, des missions, des noces en chansons : jolis récits dont trop souvent on ne réalise la valeur que trop tard, lorsque le témoin s'est tu à jamais.

Comme je regrette aujourd'hui de ne pas avoir noté tous ces petits détails, coutumes, proverbes, habitudes, mode du temps où "elle était jeune"... !

Si vous avez des souvenirs, anecdotes ou histoires, venez nous rejoindre pour que le passé ne soit pas éteint pour toujours.

Pensons à nos jeunes !

Jean Marlier

LE PETIT TRAIN
"St Jean, St Etienne, La Benâte... par les prés !"

Combien de voyageurs, arrivant en gare de St Jean - St Etienne ont entendu cette annonce ?
C'est de 1872 que date le premier projet d'un chemin de fer à voie normale de St Aignan à Aizenay et desservant St Etienne de Corcoué. Le Conseil Municipal de St Etienne, assisté des personnes les plus imposées, vota le 23 juin 1872 une imposition de dix centimes représentant la part contributive de la commune pour cette construction (1).

Ce projet, ayant été abandonné, l'exploitation ferroviaire du groupe Carel et Fouché vit le jour. A noter que pour participer à la réalisation de ce projet, la commune de St Etienne vota une imposition de 15 centimes, pendant dix ans (2).


Déclaré d'utilité publique le 1er août 1880, l'ouverture de l'exploitation du chemin de fer à voie étroite Nantes - Legé eu lieu le 28 août 1893et dura jusqu'au 1er mai 1935. Il reste de son passage sur la commune de Corcoué, un chemin utilisé comme sentier pédestre et appélé "La Ligne", qui vient de donner son nom à une association de recherche sur l'histoire locale.

De Nantes à Legé, la distance parcourue était de 44 Km 204, en partant de la périphérie sud de Nantes - il existe toujours une rue de la Gare à Legé.

Dès la sortie de la gare, la voie de Legé utilisait conjointement avec la ligne Nantes - Pornic et Nantes - Machecoul, le pont métallique enjambant le bras de Pirmil. Passant à côté de la gare de Pont-Rousseau, elle allait suivre parallèlement la RN 137 pour faire arrêt au Chêne creux (PK 5,0) avant d'atteindre Les Sorinières (PK 6,0). Elle franchissait l'Ognon sur un pont métallique de 12 mètres avant d'entrée en gare de Pont Saint Martin 5pk 11,3). Elle desservait La Chevrolière (PK 16,0) après l'avoir contournée par l'Ouest et en suivant le lac, elle entrait dans St Philbert de Grand Lieu (PK 22,3) après avoir franchi la Boulogne sur un pont métallique de 23 mètres. C'était ensuite le passage à la station La Limouzinière - St Colombin (PK 29,0) et après avoir contourné le coteau du Bois Bonnin, elle arrivait à la gare de St Jean - St Etienne de Corcoué 'PK 33,9) sur les bords de la Logne. En suivant la vallée tortueuse et étroite de cette dernière, elle faisait étape au Moulin Guérin (PK 39,1) avant d'entrer en gare de Legé (PK 44,2).

Pour rejoindre Nantes à St Jean - St Etienne, il fallait 1h41 suivant l'horaire de 1895 et 1h52 dans le sens inverse. En 1935 avant sa fermeture, il ne fallait plus qu'1h18 pour effectuer le même trajet.

Jusqu'en 1914, le service sera inchangé - 3 trains mixtes (voyageurs, marchandises) dans chaque sens. La "Ligne" de Legé disposait d'un aller-retour supplémentaire, les lundis de Pâques et de Pentecôte, les dimanches et fêtes du 1er dimanche de juin jusqu'au dernier dimanche de septembre.

1914 - 1918
Durant la guerre 14-18, le service fut limité à un service aller-retour journalier à partir de 1916 et un second fut ajouté à partir de janvier 1918. Après la guerre, 2 allers-retours furent rétablis jusqu'en été 1931 avant de revoir les 3 services en fonctionnement. Ces 3 allers-retours furent alors effectués, un par autobus loué à la maison Drouin, un second par automotrice et le troisième par train vapeur.

Le réseau de chemin de fer à voie étroite desservant Nantes - Legé et Nantes - Rocheservière transporta beaucoup de marchandises agricoles mais aussi de marchandises de construction.

En ce qui concerne St Jean et St Etienne, si la voie était construite sur le territoire de St Jean, nul doute que la desserte commune de St Jean et St Etienne favorisa le rapprochement entre 2 communes géographiquement si proche.

Trafic 1910 :
Voyageurs 1ère classe : 8 051 - 2ème classe : 304 447 -
Bagages : 893 T - Messagerie :1 630 T - Céréales, farines : 17 727 T-
Vins, vinaigres : 1720 T - Denrées alimentaires : 97 T - Fontes, fer : 258 T - Matières premières : 404 T - Matériaux de construction : 12 659 T - Engrais : 13 244 T - Houille, coke : 2 661 T - Divers : 1 763 T - Chevaux, mulets : 195 - Boeufs, vaches : 13 683 - Veaux, porcs : 7 814 - Moutons, chèvres : 949 - Voitures : 2.


En 1927, le trafic était descendu de 50 % : 191 646 voyageurs et 51 763 T de marchandises.

Source : Magazine des Tramways à vapeur et des secondaires, 1984,2,N°30
(PK signifie Point Kilométrique)
(1) et (2) Extrait de la monographie de St Etienne de Corcoué par Maurice Nogue.

Jean-Yves Charron

Les Dits de Corcoué N° 3

Appel à témoin

En Afrique, un ancien qui s'en va, c'est une bibliothèque qui disparaît.Au sein de "La Ligne", nous essayons de garder présent le passé.

Sur les cartes postales anciennes, il n'est pas rare de s'apercevoir que cette vie a bien changé depuis quelques décennies. Ici un maréchal ferrant, là une épicerie ou une auberge, là-bas un café, un cordonnier, un sabotier, le bouilleur de cru, la mercerie,... Qui s'en souvient ?

D'autre part beaucoup de coutumes disparaissent. Aujourd'hui les enfants les ignorent ou ne les connaissent plus. Si elles existent encore, leur signification nous échappent. Par exemple : le houx fleuri devant la porte des futurs mariés, la bénédiction de la bûche de bois à Noël, le chapeau des catherinettes, la distribution du muguet le premier mai,...

Sans être nostalgiques du passé puisqu'il est soldé et que nous regardons l'avenir, pour agrémenter la conversation de rencontre, faisons un inventaire de ce passé encore proche mais déjà oublié.

Si vous avez dans le grenier de vos parents ou dans vos souvenirs d'autres références ou us et coutumes, faites-le nous savoir.

Il n'y a pas si longtemps, que des lieux de rencontre étaient à notre disposition pour échanger et parler avec les voisins. "Finissez d'entrer" disaient les amis et prenons le verre de l'amitié.

Nous souhaitons collecter le plus possible de témoignages et les faire revivre pour vous avant qu'ils ne disparaissent totalement.

Merci de votre collaboration

Jean Marlier

 

"Saute dans le chemin, l'est un nation, il faut l'étriper"

 

 

Le premier en date des succès de la grande insurrection catholique royale n'est pas, comme presque tous les historiens l'ont répété, la prise de Saint Florent dans les Mauges d'Anjou, le 12 mars 1793 : c'est la veille, le 11, l'occupation de Machecoul, capitale du pays de Retz, en Bretagne.


Le très fort rassemblement de paysans, qui, le 11, dès huit heures du matin envahit ce chef lieu de la Loire inférieure, s'était formé le 10 à Saint Philbert de Grand Lieu.... Le 10 mars 1793, le commissaire chargé du recensement des hommes valides de la commune de Saint Etienne de Corcoué fut insulté. La commune, insurgée au début, suivit la fortune de Legé.


Arch. Dép. L283 - 10 mars 1793 - Procès verbal du citoyen Benoist commissaire.


"Moi, Benoist, soussigné commissaire nommé par l'arrêté du directoire du district de Machecoul en date du 1er mars 1793, l'an II de la République Française (...) Pour
moi Benoist assiste à l'assemblée qui doit être convoquée et avoir lieu ce jour de dimanche 10 mars à 10 heures du matin dans la maison de la commune de la dite communauté relativement au recensement de leur population virile. En vertu de la dite commission je me suis transporté au dit lieu Saint Etienne de Corcoué chez le procureur de la commune Prudent Gaillard, et avoir été à la chambre commune et fait sonner la cloche à la manière accoutumée (signal de réunion). Le maire et officiers municipaux présents, lesquels ont déclaré avoir nommé pour commissaire (une vingtaine de noms sont cités).


Moi, Benoist commissaire rapporte qu'au village de la Piodière, ai été arrêté par un attroupement de paysans qui m'ont demandé "qui vive" et ayant vu deux des leurs les ai évités passant à haute folie. une femme qui montait la garde m'a crié "qui vive" d'une telle force que plusieurs paysans qui étaient à boire à Beauséjour ont sorti, m'ont crié : "qui vive" et en criant ainsi : "arrête". En ont nommé un dont je ne me rappelle pas le nom en lui criant "saute dans le chemin, l'est un nation, il faut l'étriper !".

Le chemin était très mauvais, mon cheval n'a pu les passer, deux se sont jetés dans le chemin pour arrêter le cheval en me redisant "qui vive". Je leur ai avec imprécation présenté deux pistolets : un vers Baugé, l'autre en mouvement sans laissé tomber sous le cul la crotte. Près des faubourgs, j'ai vu plusieurs femmes hors de leur maison derrière leur paille, entre autre une qui est sortie en criant quand j'ai passé : "sortez toutes de vos maisons". Et près de Machecoul des paysans me voyant aller vite m'ont dit : "tu ne courras pas si vite demain !".

Je certifie la présente déposition véritable à Machecoul le 10 mars 1793, l'an II de la République Française.


Le lendemain, le 11, le citoyen Hamon, négociant, partant de Tours pour se rendre aux Sables d'Olonnes, a été forcé de s'arrêter à Saint Etienne de Corcoué parce qu'il a appris à une demie lieu de Legé que le pont de ce bourg était rompu et que l'on égorgeait tous les patriotes. Effectivement ce jour là, il en fut massacré 29.


Il revint donc sur ses pas à Saint Etienne de Corcoué où la cloche n'a cessé pendant tout son séjour de sonner le tocsin pour assembler les révoltés qui font concurrement avec les autres paroisses voisines des courses chez tous les patriotes qu'ils assassinent et mutilent de mille manières, depuis cinq jours.
Jeudi dernier (14 mars), ils ont encore sacrifié 31 prisonniers, en les fusillant à mesure qu'ils sortaient de prison. Quantité d'autres ont essuyé le même sort chez eux.


Ils ont même égorgé beaucoup de femmes à défaut de leurs maris et ils trainent à leur suite plusieurs enfants, auxquels ils réservent le même sort. Ils volent, pillent, et font encore contribuer les patriotes pour leur subsistance, en les menaçant d'incendier leurs habitations. Ils ont aussi massacré tous les prêtres constitutionnels dont ils ont pu se saisir.


Hier mercredi (13 mars), à neuf heures du matin, ils ont fait célébrer une messe à Saint Etienne, par un prêtre non assermenté, nommé M. Hervouet, vicaire de Bouaine, à laquelle le citoyen Hamon, déposant, a été obligé d'assister pour se faciliter la permission de partir enfin au milieur des brigands, parmi lesquels il a vécu pendant six jours, toujours entre la vie et la mort. Enfin il s'est rendu ici ce matin, 16 courant, après avoir été témoin de bien des maux.


Ils sont en général, très mal armés et ont tous arboré la cocarde blanche. Ils veulent pousser jusqu'aux Sables où leurs prêtres disent que les émigrés arrivent en force.
Ils ont cassé toutes les municipalités et fait brûler tous leurs registres et papiers. En un mot, le mal est à son comble, si on n'y porte pas un prompt remède, qui est d'envoyer des forces contre eux pour faire cesser le carnage qu'ils font des meilleurs citoyens de la république. Ils seront faciles à vaincre. J'ai remarqué, pendant mon séjour parmi eux, qu'ils n'ont pas le courage en partage.


Je finis, citoyen car, si je voulais vous faire l'énumération de tous leurs crimes, ce serait trop long et vous en auriez horreur.


Je suis très patriotiquement votre frère et ami.


Signé : Hamon l'aîné.
Nantes, le 16 mars, l'an 2 de la république.
(textes recueillis par Ch. Dautais)

Les Dits de Corcoué N° 4

Rappel à l'Histoire

En 1916, Marie, une jeune benâtaise écrivait à un être cher perdu dans les tranchées : "La guerre continue, longue et meurtrière... Je crois que Verdun pourra être considéré
comme le tombeau de la jeunesse française".

La suite lui a malheureusement donnée raison, les commémorations historiques du 11 novembre sont là pour nous le rappeler.


En 2002, quelques passionnés créaient "La Ligne - Corcoué Histoire". Un an après, fort de recherches ponctuées par une exposition sur les croix et les calvaires corcouéens, de nombreux sujets font l'objet d'étude, comme un état des lieux des commerces passés et la collecte de documents souvent inédits, écrits ou photographiques.


Les fêtes de fin d'année étaient propices aux récits d'histoires aucoin du feu. Cette tradition orale plus ou moins disparue, nous avons voulu la renouveler en contant une histoire qui, si elle semble née d'un esprit romanesque, est la stricte vérité sortie des archives et survenue un jour de foire publique à St Jean.


Les "historiens locaux" plutôt orientés vers le passé, souhaitent à l'approche de l'année 2004 être en avance, en offrant à tous nos lecteurs "leurs voeux sincères pour une année de bonheur et de santé prospère".


Au nom de tous les adhérents, le Président,
J.Y. Charron


29 août 1532
Grave altercation à la foire de St Jean de Corcoué : un mort

(d'après un document authentique trouvé par Ch. Dautais et disponible pour consultation à "La Ligne" au Centre d'Animation : extrait d'une plaidoirie pour la défense de M. de la Tribouille).


Le 29 août de chaque année, jour de la commémoration de la décapitation de St Jean Baptiste, se tient une foire au bourg de St Jean de Corcoué. De nombreuses personnes de diverses paroisses voisines s'y rendent pour "marchander" et pour visiter ce lieu. Parmi ces hommes, M. de la Tribouille, jeune gentilhomme âgé de 22 à 23 ans environ et son serviteur qu'on appelle le Goulais partent au matin en direction du bourg de St Jean de Corcoué pour leurs affaires. Une lieue environ sépare leur domicile, le lieu-dit Bexzon à St Colombain, de St Jean de Corcoué.


Depuis environ six mois, Guillaume de la Tribouille se voyait menacé sans cause apparente par un dénommé Jean de Pouez, jeune frère du Sieur de la Moricière. Jean de Pouez, grand, fort et puissant se vantait de l'agraisser et le tuer s'il le rencontrait dans des circonsances favorables pour lui. Plusieurs fois, il était allé à sa recherche dans la paroisse de St Colombain armé d'une arquebuse avec mèche et feu.


Ce jour-là, comme à l'accoutumé, Jean de la Tribouille portait son épée au côté, mais le Goulais se munit d'une arbalère, de matraques et d'une "vire" portée à son côté et lui-même revêtit une pourpoint d'écailles.


Vers midi, M. de la Tribouille étant à "marchander" du fil de corde d'arbalète avec un mercier de Vieillevigne nommé Jean Landreau, ne pensant plus à Jean de Pouez, celui-ci arriva. Il s'adressa au serviteur en lui demandant ce qu'il voulait en faire. Le serviteur lui répondit qu'il n'en voulait faire aucun mal. M. de la Tribouille entendant désarmer l'arbalète, se retourna. Jean de Pouez s'adressa à lui, le saisit sans modération au collet et aux manches de sa robe en lui disant : "Tu es armé !" et en le frappant sur les épaules. M. de la Tribouille se voyant ainsi tenu par le grand et fort de Pouez qui l'avait auparavant menacé, tira une petit poignard qu'il avait au côté.


Dissimulant son trouble de s'en servir, il s'efforça malgré tout de frapper. Mais M. de Pouez le lui ôta et se recula. C'est alors que de Pouez et le serviteur Goulais dégainant, leurs épées croisèrent le fer quelques coups l'un vers l'autre. Puis Goulais se retira plus bas vers la fontaine qui est près du lieu où se tenait ladite foire. De Pouez pointant son épée vers M. de la Tribouille lui dit à peu près : "Tu es mort si tu ne dégaines". De la Tribouille se recula et dégaina son épée. Puis ils croisèrent le fer. De Pouez donné alors un coup du tranchant de son épée sur le côté du visage de la Tribouille où se trouve son oeil valide, cherchant à le lui crever. Car celui-ci était borgne et, auparavant, M. de Pouez s'était vanté de lui crever l'oeil dont il voyait pour le rendre aveugle.


Voyant de la Tribouille être ainsi blessé, et saigner abondamment, de Pouez fut impressionné et ne put éviter un coup droitqui l'atteignit au ventre et passa à travers son corps. Goulais lui donna un coup de tranchant sur le derrière de la tête et deux coups sur le bras droit.


M. de Pouez fut immédiatement conduit dans la maison de l'hôtelier Vrignault, il fut confessé et reçut son créateur. Deux heures après, M. de la Tribouille apprit le passage de vie à trépas de M. de Pouez. Il avoua avant de succomber que M. de la Tribouille s'était légitimement défendu et qu'il ne fallait pas lui faire d'ennuis. M. de la Tribouille avait la réputation d'un gentilhomme doux, paisible et non querelleur et chercheur de noises.


La Défense de M. de la Tribouille fut difficile car la femme du sénéchal en charge de cette affaire était une cousine germaine de feu de Pouez.
Nous ne sommes pas en mesure de vous dire quel jugement fut rendu.

Les Dits de Corcoué N° 5

L'âme des commerces


"Longtemps, longtemps, après que les commerces ont disparu - Leurs parfums traînent encore dans les rues". Longtemps déjà que les petits commerces des petites
communes ont baissé leurs rideaux. C'est un peu de la vie rurale qui s'est envolé au fur et à mesure des fermetures. La presse écrite ou télévisée a pris la succession de la séance du dimanche matin où après la "grand'messe" chacun "égratignait" en toute amitié son voisin et où le colportage des nouvelles du pays fournissait à la famille assez de sujets de discussion pour toute la semaine. Les femmes, procédaient de même à l'épicerie, à la boulangerie, la boucherie, la cordonnerie, chez le maréchal-ferrant etc... afin de pouvoir comparer avec les hommes la "justesse" des nouvelles. Là chacun réglait les factures en suspens, échangeait les denrées et passait commandes de ses besoins jusqu'au dimanche suivant.


Cette époque révolue mérite de ne sombrer dans l'oubli. Alors si des anecdotes, des souvenirs vous reviennent, si des personnes sont restées présentes dans votre mémoire, si vous disposez de documents, écrivez ou appelez nous pour nous les raconter. Les renseignements que vous nous donnerez seront précieux pour faire revivre ces commerces ou ces artisans qui ont fait l'histoire de notre commune.


Jean-Yves Charron


Suppression de l'aumônier à l'Hospice Lejeune


Lors de la séance de la commission administrative de l'Hospice du 3 août 1905, Mr Gadais donnait lecture d'un rapport faisant suite à la séance du 4 mai concernant la
suppression du poste d'aumônier à l'Hospice où il était dit : "La distance relativement courte séparant l'Hospice de l'église paroissiale, le peu d'hospitalisés, dans l'impossibilité de s'y rendre le dimanche et enfin, surtout le nombre restreint de ses pensionnaires (26 lits), sont autant de raisons qui incitent les rapporteurs à penser que le besoin du maintien d'un aumônier spécialement affecté à l'établissement, ne se fait pas réellement sentir et ne justifie pas, à leurs yeux, les dépenses qui en résultent".


Le président de cette commission, Mr de Goulaine, demanda aux initiateurs de ce projet de bien vouloir ajourner leur décision pour prendre en compte les arguments
avancés par lui. Il conclut son intervention par : "J'ai toujours cherché à n'avoir que des amis, même parmi mes adversaires, mais je ne puis couronner mes vingt-cinq ans de service, en m'associant à une mesure que je ne saurais approuver et que, je l'espère encore, vous ne voudrez pas sanctionner par un vote".


Cest amendement fut repoussé à main levée par quatre voix contre une amenant la suppression effective du poste d'aumônier à la date du 1er octobre 1905. Cet épisode de la vie politique avait débuté par un incident au sein même de l'Hospice puisque les rapporteurs précisent : "qu'ils auraient préféré voir l'aumônier coupable
d'avoir usé envers l'administrateur de service d'expressions ayant sans doute dépassé sa pensée, observer une neutralité plus ou moins effective en usant de son
autorité morale pour éviter, dans l'intérieur même de l'établissement, la diffusion d'écrits contenant sous couvert de l'anonymat, de basses injures à l'adresse des quatre membres de la commission nommée par Mr le Préfet".


A la suite de cette décision, Mr de Goulaine, maire de St Etienne de Corcoué fit approuver par son conseil (unanimité moins une voix) une demande envers l'administration de l'Hospice pour que cette dernière "revienne sur la décision du 3 août et que le service de l'aumônerie soit maintenu". Cette délibération uniquement d'ordre consultatif, fut retournée par Mr le Préfet avec la mention : "soit transmis à toutes fins utiles à Mr le Président de la commission administrative de l'Hospice Lejeune".


Suite à un échange épistolaire entre Mr Gadais, la cure de St Etienne et l'Evêcher de Nantes, le service religieux fut organisé avec - deux messes basses chaque semaine le mardi et le jeudi à la chapelle de l'Hospice par le clergé paroissial, tous les dimanches et jours de fêtes d'obligation, un salut du Très-Saint-Sacrement et les confessions des religieuses et des hospitalisés dans la chapelle - La rémunération du prieur fut fixée à 500 francs payables 125 francs par trimestre.


Une des conclusions de ce rapport dit "Il est fort regrettable que le bâtiment principal de l'Hospice n'ait pas été construit avec de plus grandes dimensions et d'ici quelques années on ne pourra plus se soustraire à l'obligation d'agrandissement". Une opération qui attendit cependant quelques années avant de se voir réalisée.

 


Hôtel de la Gare


Chacun a pu remarquer la rénovation effectuée sur le bâtiment situé près du pont sur la Logne et sa transformation en logement. Une rénovation respectant la caractère
architectural d'origine qui peut servir d'exemple pour les rénovations futures. C'est peut-être l'occasion de s'attarder sur la vie de cette maison longtemps réservée au commerce.


Situé sur la route nationale, entre les centres bourg de St Jean et de St Etienne, cet édifice trouva avec l'arrivée du train Nantes-Legé une destination idéale. Il devint l'Hôtel de la Gare et si les premiers propriétaires ne nous sont pas encore connus, nous savons qu'autour de la 1ère guerre mondiale, il fut exploité par Mr et Mme Ernest et Ernestine Padiou venus de la Benâte. Ernestine s'occupa de la gestion de l'hôtel alors qu'Ernest créa son entreprise de transport qu'il développa avec l'aide de ses fils Ernest et André.


Puis le bâtiment changea de destination et il devint un garage automobile sous la direction de Pierre Bizet et Charles Fleury avant d'être utilisé comme maison d'habitation.


La cessation de l'exploitation ferroviaire donna à la compagnie de transport Citroën la possibilité de reprendre la ligne de voyageur Nantes-Les Sables d'Olonne en passant par Legé et l'hôtel de la gare devint la station d'arrêt pour les deux communes de St Jean et St Etienne.

 

 

Les Dits de Corcoué N° 6

Quelques "chroniques villageoises" en forme de contes.

Une autre manière d'aborder l'histoire de notre commune. Bonne lecture à tous !


Chroniques villageoises
Une boutique d'antan


C'est une boutique de la place St Jean que certains ont connue et qui était comme toutes les boutiques d'époque un lieu d'échanges et de rencontres dans nos bourgs.

Je me souviens des dimanches d'été où nous partions à pied à la "Grand messe" de 10 heures. Sous le soleil, la route semblait luire de chaleur, les bas-côtés étaient desséchés, les prairies jaunies. Ma grand-mère portait le grand panier de forme ovale en osier tressé, muni de son couvercle bombé. J'allais à côté d'elle à pas menus, j'avais 6 ou 7 ans, je ne sais. La messe terminée, nous allions faire nos emplettes dans la boutique sur la place de l'église.

Je la revois telle qu'elle était, sa porte vitrée nous amenait dans une pièce toute en longueur éclairée à droite d'une fenêtre au léger voilage ; à gauche une porte accédait aux pièces habitées. De suite nos yeux se posaient sur le grand comptoir de chêne ciré avec le livre de compte et la balance Roberval, et puis nous n'en finissions pas de fixer aux murs les étagères sans fin amplement garnies de tant de choses qui nous attiraient.

Il y avait un coin charcuterie avec de belles tranches de lard, pâtés, saucisses, boudins, le tout disposé dans un garde-manger. L'épicerie avec café, sucre, chocolat gourmand, et pour l'entretien de la maison, nous avions le choix entre savon de Marseille, savonnette, poudre à laver. On pouvait aussi acheter les beaux tissus de nos tabliers, le coton de nos serviettes et de nos torchons et tant d'autres choses encore que j'ai oubliées.

Mais au milieu d'une étagère, il y avait les merveilles : des bocaux de verre remplis de bonbons de toute forme et de toute couleur depuis les tranches d'orange, les acidulés, les berlingots, les réglisses, jusqu'aux fascinantes pastilles bleues et blanches. Ma grand-mère, dans son panier, avait apporté beurre et oeufs de sa ferme et elles les échangeait entre de l'épicerie, une tranche de pâté et disait pour finir : "Mettez-moi aussi un cornet de pastilles bleues et blanches pour ma petite fille", un coin de journal faisait le cornet et je le recevais pour moi, c'était merveilleux.

Nous reprenions la route, j'étais heureuse et ma grand-mère aussi.


Marie Yvonne Pipeau


La pierre des annonces


A l'heure où la place de Saint Jean se fait refaire un nouveau "look", les souvenirs des habitants nous rappellent ce qu'elle a été autrefois.

Après l'évocation de l'épicerie (ci-dessus), profitons du déplacement de la "pierre des annonces" pour se rappeler son rôle essentiel dans la vie locale... Il y a quelques 30 ans.

Située sur la place, à l'entrée du parvis de l'église, le sacristain et garde-champêtre y montait chaque dimanche à la sortie des messes pour y proclamer les annonces officielles et privées de la commune. C'était l'ancêtre du bulletin municipal. Dans les derniers temps, Joseph Orève, à qui revenait ce rôle, transmettait les annonces de la municipalité mais aussi celles que lui donnaient les particuliers. L'annonce d'une réunion, la perte d'un animal, les travaux de la voiries,... étaient annoncés à un nombreux et attentif auditoire, sans exclure quelquefois certains commentaires qui ne manquaient pas de déclencher les rires.


A l'occasion de certaines fêtes religieuses, des dons en nature faits à la paroisse, étaient mis aux enchères sur cette pierre. On pouvait y acheter beurre, oeufs, volailles.


A l'issue des travaux, un nouvel emplacement sera réservé à cette pierre afin qu'elle continue à témoigner de cette époque de la vie communale.

Les Dits de Corcoué N° 7

A propos des Ardilliers

(Extrait de la Monographie de Saint Etienne de Corcoué de Martin Nogue, écrite en 1900).

Le Prieuré

Sur la colline des Ardilliers, entre les châtellenies de la Benâte et de Rocheservière, s’élevait un second prieuré (le premier étant situé à l’emplacement actuel de la cure de Saint Etienne), placé sous le vocable de Saint Jacques. Le nom «Ardilliers» paraît indiquer que ce prieuré fut au moyen-âge une léproserie, un lieu de refuge pour les malheureux atteints du «mal des ardents».

Une citation à comparaître déposée aux archives communales est assez curieuse et mérite, je crois, d’être reproduite dans ses parties essentielles. Elle nous fait connaître qu’en 1788 «à la requête de messire Jacques Arnault de Chaumont, prêtre prieur du prieuré des Ardilliers, demeurant en la ville et paroisse de Nanteuil en Vallée (1), où il fait élection de domicile en l’étude de Maître Etienne Mitteau de Bel Air (2), sise au bourg et paroisse de Notre Dame de Rocheservière, qu’il constitue pour son procureur en la châtellenie de Rocheservière aux fins des présentes, je, sergent, soussigné ai à Marie-Anne ……(illisible) donné assignation à comparaître devant Monsieur le Sénéchal de la Cour et Châtellenie de Rocheservière pour se voir condamner personnellement pour ses parts et portions à payer six boisseaux de seigle, mesure de cette cour, la dite pièce remise à la titulaire, parlant à la personne, au bourg de Saint Etienne de Corcoué, en Poitou. Signé Gard».

La chapelle

Pendant la tourmente révolutionnaire, plusieurs mariages furent célébrés dans la chapelle des Ardilliers qui dit-on, date du XIIIème siècle. On en voit encore les ruines et la pierre d’autel (se rappeler que nous sommes en 1900).

La famille qui exploite la ferme des Ardilliers m’a montré le lieu où, il y a cinquante ans encore, on trouvait les débris de l’ancien cimetière du prieuré.

Le souterrain

Dans le flanc nord du coteau sur lequel s’élevait la chapelle, on trouve une excavation connue sous le nom de «Souterrain des Ardilliers». Elle a environ3 mètres de profondeur sur2 de largeur et 1 m 70 de hauteur. Le sol, presque au niveau du vallon formé par le «fileau» des Ardilliers est constamment humide. Une tradition rapporte qu’au moment de la Révolution, un prêtre y resta caché pendant plusieurs (sept) semaines. «Il en sortit la tête grosse comme un boisseau».

La légende

Longtemps on a raconté sous le manteau de la cheminée, le soir à la veillée, la légende ci-après que les hommes d’un âge mûr se rappellent encore relativement à l’antique prieuré des Ardilliers.

Le prieuré étant un soir à sa fenêtre aperçut une lumière briller au milieu des champs. Pensant que c’était un braconnier qui «chauffait» des perdrix, il prit son fusil et ajustant la lumière l’éteignit. Le braconnier furieux saisit alors son fusil posé à terre à côté de lui, ajuste «la chandelle» qui éclaire la chambre du prieur et l’éteind.

D’autres ajoutent que le prieur pris de colère fit éventrer le braconnier et se réchauffa les pieds dans les entrailles fumantes. Le frère de la victime tira vengeance du prieur en le tuant avec une fourche.

Cet écrit de Martin Nogue, instituteur laïque à Saint Etienne, a donné envie à quelques adhérents de se pencher plus profondément sur ce lieu et son histoire.

La Mère Marie

De part son espace rural très vaste, de la Coussais, la Jauffrère, le Pin à la Chaussée, la Casserole, la Touche, de la Martinière à l’Egeon, Corcoué sur Logne est de toujours un des secteurs économiques important et pour cela son activité commerciale et artisanale depuis très longtemps a été très développée.

Aussi La Ligne – Corcoué Histoire s’est donné pour but de faire connaître aux générations nouvelles et futures avant que le souvenir ne s’estompe et que le passé ne tombe dans l’oubli ce que fut la vie de notre commune au cours des siècles derniers.

Nous avons commencé l’établissement de listes des commerçants et artisans qui nous ont précédés. Nous essayons de reconstituer une partie de l’Histoire à partir d’archives et d’anecdotes des faits qui se sont déroulés soit pendant les guerres de Vendée soit pendant les plus récentes.

Nous travaillons sur tous les sujets: fêtes religieuses ou laïques (mission, kermesse etc.), les métiers disparus, les surnoms parfois amusants etc. Nous avons entrepris ou nous entreprendrons le recensement des calvaires, des ponts, des maisons de style, des moulins etc.

Les cartes postales

Au détour des découvertes de cartes postales il a paru intéressant de se pencher sur la biographie de lieu ou de personnage, c’est pourquoi en vous présentant aujourd’hui «la Mère Marie» nous répondrons peut-être à certaines de vos interrogations. La représentation nous la situe comme une «Fileuse à la Quenouille» en Bretagne avec un costume de Saint Etienne de Corcoué, mais dans la rue Sainte Radegonde sise à Saint Jean de Corcoué effectivement territoire breton.

Marie est née Brossard de Pierre Brossard et de Marie Padiou le 27 août 1824 à Saint Jean de Corcoué. Elle épousa à Saint Jean, le 7 juillet 1851, Pierre Julien Eriau né le 10 septembre 1819 à Saint Gervais. Sans descendance Marie est décédée à la Musselière le 12 décembre 1913, Pierre lui était décédé à Saint Jean le 25 janvier 1887. Cultivateurs, ils résidaient rue Sainte Radegonde.

La Mère Marie avait un frère Pierre né le 6 février 1828, marié à Jeanne Freuchet qui eurent 9 enfants (7 garçons et 2 filles) tous nés au Pré Clos.

Pierre est né le 17 février 1862. Jean-Marie est né le 4 octobre 1863 et son petit fils Jean-Marie fut Maire de Saint Jean de Corcoué. Henri-Charles naquit le 21 février 1866 (mort à 18 ans). Eugène est né le 21 juillet 1868, marié à Ludivine Mercière, ils étaient les grands parents de Gérard Peltier. Alphonse vit le jour le 21 février 1871, se maria à Marie Picard. Marie est née le 12 mai 1874 et se maria à un Mr Grézeleau. Alfred naquit le 3 février 1877 et se maria avec Marie Templier. Louis vit le jour le 10 janvier 1880, marié à Célestine Bretagne, ils sont les grands parents d’Alberte Chiffoleau. Alphonsine naquit le 30 octobre 1883, mariée à François Gris, ils sont les parents d’André Gris et les grands parents de Francis Gris.

Jean Marlier, d’après les recherches d’Alberte Chiffoleau.

Les Dits de Corcoué N° 8

A quelques jours de distance, Marie-Yvonne Pipeau et Yvon Brée nous ont quittés. Les deux adhérents actifs qu’ils étaient, manqueront lors de nos assemblées et de nos réunions. Marie-Yvonne ne refusait jamais de raconter ses souvenirs et les exprimaient simplement par des écrits. Ces témoignages nous ont servis et serviront encore à parfaire nos connaissances de ce que fut la vie de nos villages. Yvon était prédestiné à l’Histoire, n’était-il pas né sur le Chemin des Dames, et ce haut lieu de l’Histoire Française ne l’avait pas rendu indifférent à la petite histoire de son village d’adoption. Tous deux par leur simplicité, leur gentillesse et leur activité au sein de la Ligne – Corcoué Histoire auront marqué les débuts de notre association. Toute l’équipe offre à leur famille leurs plus sincères condoléances. Ce numéro sera en grande partie réalisé avec les écrits laissés par Marie-Yvonne.

Quelques dictons recueillis par Marie-Yvonne Pipeau :

 Pluie du jour de St Grégoire (3 septembre), autant de cru en plus à boire.

Octobre est bon s’il est de saison.

A la St Montan (14 novembre), l’olive va descendant. 

Beauséjour – Naissance d’un village, par Marie-Yvonne Pipeau

A Saint Jean de Corcoué, l’année 1924 vit la naissance d’un village dans le quartier des «Parais»: un petit hameau construit sur un lopin de terre au lieu dit «le Crevoir», relié à la route de la Limouzinière à la Benâte sur une distance de quelques centaines de mètres par un chemin creux encaissé entre deux hauts talus plantés de grands chênes, d’ajoncs, de ronces et de houx… C’est un chemin étroit, si étroit même qu’il laisse tout juste passer les charrettes attelées dont les bords rejoignent les talus, rabotant les branches. Il est tantôt pavé de silex clairs ou traversés d’ornières bien difficiles à franchir l’hiver.

Je ne peux évoquer ce village sans songer à son fondateur, Jean-Marie Deniaud, dit «le fils» (car son père parlant de lui ne l’appelait que «le fis») qui était un homme grand, fort, aux larges épaules, aux yeux foncés sous d’épais sourcils, à la moustache retournée aux coins. Il avait vu le jour à Saint Colombin, mais ces ancêtres étaient originaires de la Grande Parais, et une partie de sa famille y demeurait.

(Après avoir évoqué la famille Deniaud fondatrice du village et la vie du début à nos jours, séquence sur laquelle nous reviendrons, nous prendrons connaissance de la conclusion apportée par Marie-Yvonne Pipeau à son évocation).

J’aime Beauséjour, je suis heureuse d’y monter, moi, sa plus proche voisine de la Grande Parais. Je dis «monter» parce que le village est situé ssur un plateau, au sommet d’une petite côte. Je vais retrouver là-bas l’amitié de Jeanine et de Michel. Voici que je suis arrivée à l’entrée du hameau. Il m’accueille avec des parterres de fleurs, des massifs d’arbustes. La porcherie m’offre un mur couvert de rosiers grimpants. Je devine l’étang à l’abri des grands sapins, la maison, la pelouse et tant et tant de fleurs.

Je suis arrivée à l’entrée, mais je ne poursuis pas. Je me retourne vers l’admirable paysage qui s’offre à ma vue. Devant moi, c’est le vignoble des Parais: des hectares de vignes qui s’en vont en pente douce vers les étendues de prairies bordant la Logne. Oui, là-bas c’est notre rivière; je l’imagine saluant au passage les villages qu’elle traverse, se coulant sous les ponts, paisible et douce, tantôt se hâtant en ligne droite, tantôt s’attardant en de nombreux méandres comme pour mieux baigner les pieds des grands arbres qui l’enchantent.

Au-delà de la Logne, vers l’Est, le coteau va rejoindre le ciel en une pente de verdure. C’est un fouillis d’arbres, de taillis, de haies au milieu duquel on aperçoit des cités. Du Nord à l’Est, voici le clocher du Saint Philbert de Grand Lieu, bien proche, la Limouzinière découvre une grande partie de son bourg, Saint Colomban se montre plus discret. Très loin au Nord, à l’horizon, je distingue Saint Herblain, le Sillon de Bretagne, Nantes. Au second plan, en revenant vers l’Est, Vertou, La Plance, Saint Philbert de Bouaine, Rocheservière semblent me faire signe tandis que vers le Sud, deux clochers me parlent de Corcoué sur Logne. Dans cette végétation dense, entre ces cités, parfois vous remarquez un bout de route sur lequel file une voiture, court un camion…

Ce beau paysage change, ses couleurs diffèrent suivant les saisons, vert tendre du printemps quand les bourgeons s’éveillent, vert profond de l’été, jaune et brun de l’automne, teintes foncées de l’hiver. Ce paysage change suivant les intempéries, je le connais noyé sous la pluie, enfoui sous la brume. Il se transforme aussi au cours du jour, je suis le soleil qui monte de la terre aux premières heures; il n’est d’abord qu’un disque pâle qui s’enflamme très vite devenant or éblouissant pour parer Beauséjour d’une incomparable splendeur.

Quand paraît la nuit, le paysage devient mille et mille lumières, effaçant les étoiles. Chacune de ces lumières parle des hommes qui vivent là dans les cités, les maisons, les lieux de fête. Au 14 juillet, le spectacle est unique. On assiste à tous les feux d’artifice de la région, le lointain est illuminé comme en plein jour, l’horizon s’éclaire de vives couleurs, se parsème d’étoiles qui brillent une seconde puis explose en gerbe d’étincelles.

Moi je m’arrache à ma contemplation, je me retourne et je m’en vais vers le village. Tout est propre, ordonné, il s’en dégage un certain bonheur. Une grande chienne vient joyeusement au devant de moi, c’est Tosca, le berger allemand, qui veille sur la tranquillité de ses maîtres.

Jean-Marie Deniaud, vous ne pouviez donner un nom plus beau à votre village!

 

 

Les Dits de Corcoué N° 9

Deux ans de recherches seront nécessaires pour rédiger un ouvrage sur les moulins du Pays de Retz. Nous sommes partenaires de cette opération avec les Historiens de Retz dont le livre sur les moulins de Grand Lieu a semblé nécessiter un prolongement. Pour ce faire, nous avons besoin de tous les renseignements concernant les lieux, les parcelles, les représentations physiques, les noms des propriétaires etc…, sur tous les moulins de notre commune. Si vous disposez de telles documentations ou souvenirs, de part vos propres recherches sur la généalogie ou bien par actes familiaux, n’hésitez pas à nous contacter.

Dictons de Marie-Yvonne Pipeau

Averse de mai a plus de pouvoir que dix arrosoirs, pluie du 5 mai, plus de noix nous promet.

Pour Ste Denise (15 mai) finie la bise.

Mai frileux, an langoureux, mai fleuri, an réjoui, mai venteux, an douteux.

Au pays des moulins: VIVE LE VENT

Ce n’est pas que l’Ouest de la France ait eu le monopole des moulins à vent, mais là où les cours d’eau à débit étaient rares, il fallut avoir recours à la force motrice du vent. On notera toutefois qu’en Bretagne et en Vendée, se rencontre un très grand nombre de moulins à vent qui faute d’entretien ou tout à fait abandonnés, n’ont pas résisté aux méfaits des intempéries.

A Corcoué au 19è siècle quelque 25 moulins étaient recensés. Après avoir été victime de la meunerie moderne et des rigueurs du temps, leur destinée, la mouture du blé a disparu. Seule la tour massive et robuste a résisté et l’on en rencontre encore quelques unes transformées en habitation.

Aux temps préhistoriques, pour obtenir de la farine, les moyens sont rudimentaires. Les Egyptiens et les Grecs avaient recours à une pierre plate et un pilon. Avec les Hébreux apparaissent les meules, 2 pierres plates dont l’une tournant sur l’autre, actionnée à bras d’homme ou par un âne. C’est le procédé de la meule tournante qui donnera naissance aux moulins. Il ne s’agissait plus que de trouver une force pour les faire tourner, l’eau et le vent furent mis à contribution. Combien de moulins restent encore en activité? A Corcoué, la minoterie est toujours en activité, la force motrice, l’eau étant remplacée par l’électricité.

Riche est celui pour qui la vie est une perpétuelle découverte. Les héritiers de maître Cornille, quelque soit l’énergie utilisée restent les personnages essentiels de l’histoire du pain. Le pain a la sublime fragilité de la rose et le poète Ronsard aurait pu écrire une ode en hommage à nos boulangers.

Mignonne, allons voir si le pain, qui ce matin était si frais, sa mie si douce sous la main, n’a pas perdu sa volupté, sa sonore croûte vermeille et ses ors aux vôtres pareils.

Jean Marlier

Une première réussie

Les collections sont également un moyen de remonter le temps et de faire revivre les métiers, les objets, les artisanats ou industries.

Pour se conformer à l’appellation de «La Ligne», notre association avait fait appel au Rail Modélisme Montagnard qui nous a présenté son réseau miniature de chemin de fer à voies étroites semblable à celui que nos parents et grands-parents ont empreinté. Plus de 20 collections ont permis aux spectateurs de faire un voyage dans le passé et découvrir que nos anciens savaient faire beau et utile. Certes les économies d’énergie fossiles n’étaient pas la préoccupation principale des constructeurs automobiles, certes les économies d’énergies physiques n’étaient pas au rendez-vous des écremeuses, mais l’ingéniosité permettait d’avancer vers un modernisme naissant, pouvant aboutir à des réalisations comme les voitures de course, belles et efficaces.

Des briquets aux timbres en passant par les briques etc…, chaque visiteur a pu se dire qu’il devait bien avoir dans le coin de son grenier un objet pouvant intéresser la collection de son voisin, en témoignait par exemple les motos anciennes provenant pour quelques unes des hangars de nos communes proches. Merci à tous les exposants d’avoir pris le risque de nous suivre dans une expérience que nous essaierons de renouveler ultérieurement.